
La santé en milieu maritime représente un défi unique où l’isolement géographique et les conditions environnementales extrêmes compliquent considérablement la prise en charge médicale. Que vous naviguiez sur un navire de commerce, un yacht de plaisance ou un navire de pêche, la préparation médicale et la connaissance des procédures d’urgence peuvent faire la différence entre la vie et la mort. Les statistiques montrent que plus de 6 489 consultations télémédicales ont été effectuées par le Centre de Consultation Médicale Maritime (CCMM) en 2022, soit une augmentation de 10,1% par rapport à l’année précédente. Cette progression témoigne de l’importance croissante des services médicaux maritimes dans un contexte où le trafic maritime international ne cesse d’augmenter.
Équipements médicaux obligatoires selon la réglementation STCW et division 240
La réglementation maritime internationale impose des standards stricts concernant les équipements médicaux obligatoires à bord des navires. La Convention STCW (Standards of Training, Certification and Watchkeeping) établit les bases réglementaires pour la formation médicale des équipages, tandis que la Division 240 du Code français de la navigation de plaisance définit les exigences spécifiques pour les navires battant pavillon français.
Dotation pharmaceutique réglementaire pour navires de commerce et de plaisance
La dotation pharmaceutique réglementaire varie considérablement selon le type de navire et la zone de navigation. Pour les navires de commerce, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) impose une dotation complète comprenant des antiseptiques, des antalgiques, des antibiotiques à large spectre et des médicaments d’urgence cardiaque. Cette dotation doit être adaptée au nombre de personnes à bord et à la durée prévue de la navigation sans escale.
Les navires de plaisance suivent une réglementation simplifiée mais néanmoins exigeante. La dotation D240 constitue le minimum légal et comprend les éléments essentiels pour traiter les pathologies les plus courantes en mer. Cette dotation de base doit être complétée pour les navigations hauturières, notamment par des corticoïdes, des antihistaminiques et des médicaments spécifiques au mal de mer.
Matériel de premiers secours certifié IMO : défibrillateur, oxygène médical
Le matériel de premiers secours certifié par l’IMO représente l’épine dorsale de la capacité médicale embarquée. Le défibrillateur automatisé externe (DAE) constitue un élément crucial, particulièrement sur les navires transportant plus de douze personnes. Les statistiques révèlent que 80% des arrêts cardiaques en mer surviennent par fibrillation ventriculaire, condition pour laquelle la défibrillation précoce augmente significativement les chances de survie.
L’oxygène médical, stocké dans des bouteilles pressurisées spécialement conçues pour l’environnement maritime, permet de traiter diverses urgences respiratoires. La capacité minimale requise varie selon la taille du navire, mais une réserve de 400 litres d’oxygène à 200 bars représente le standard pour un navire de taille moyenne. Ce matériel doit être accompagné des accessoires nécessaires : masques haute concentration, canules nasales et matériel de ventilation manuelle.
Trousse médicale différentielle selon la zone de navigation SOLAS
La Convention SOLAS (Safety of Life at Sea) établit une classification des zones de
navigation qui impose une trousse médicale plus ou moins avancée. Pour les navires soumis à SOLAS, la trousse diffère selon que le bâtiment reste proche des côtes, effectue des traversées internationales courtes ou opère en pleine haute mer, à plusieurs jours de tout port. Plus le temps d’accès à un hôpital est long, plus la pharmacie de bord doit permettre de gérer des pathologies variées et prolongées : douleurs sévères, infections, crises cardiaques, états allergiques graves, voire début de sepsis.
Concrètement, la trousse médicale « côtière » se concentre sur les petits traumatismes, la gestion de la douleur, les désordres digestifs fréquents et les soins de plaies. En zone hauturière, la dotation est enrichie avec des antibiotiques injectables, des médicaments d’urgence (adrénaline, trinitrine, corticoïdes injectables), du matériel de perfusion, et parfois du matériel de suture pour permettre une prise en charge avancée jusqu’à l’évacuation ou l’arrivée à un port équipé. Cette logique graduée vise un objectif simple : vous permettre de stabiliser un patient dans l’intervalle critique où chaque heure compte.
Guide médical de bord navimed et protocoles d’urgence standardisés
Disposer de médicaments ne suffit pas si l’équipage ne sait ni quand ni comment les utiliser. C’est là qu’interviennent les guides médicaux de bord, comme le Navimed ou les manuels inspirés du guide de l’OMS pour les soins médicaux à bord des navires. Ces ouvrages fournissent des protocoles standardisés, décrits étape par étape, pour une grande variété de situations : douleur thoracique, traumatisme crânien, détresse respiratoire, brûlure chimique, noyade, hypothermie, etc. Ils sont conçus pour être compris par un capitaine ou un officier formé mais non médecin, avec des algorithmes décisionnels clairs.
En pratique, ces guides fonctionnent comme un « GPS médical » : à partir des symptômes, vous suivez un arbre décisionnel qui vous conduit à un diagnostic probable et à une conduite à tenir graduée. Ils précisent aussi les dosages, les contre-indications et le moment où il devient impératif d’appeler le CCMM ou un service de télémédecine maritime. Utilisés conjointement avec la dotation réglementaire et les fiches de suivi du patient, ils réduisent le risque d’erreur et facilitent le dialogue avec le médecin régulateur, qui peut se référer aux mêmes protocoles pendant la téléconsultation.
Procédures d’évaluation clinique et diagnostic à distance en milieu maritime
Système de télémédecine CIRM et consultation radio médicale
En mer, la plupart des décisions médicales importantes se prennent à distance, en lien avec un centre spécialisé. Au niveau international, le CIRM (Comité International Radio Médical) coordonne les services de consultation radio médicale (TMAS) disponibles gratuitement pour les navires, tandis qu’en France, le CCMM de Toulouse assure ce rôle pour les navires sous pavillon français. Via le GMDSS, Inmarsat, la VHF ou le téléphone satellitaire, vous pouvez joindre 24h/24 un médecin urgentiste formé à la médecine maritime.
La téléconsultation suit en général une trame structurée : identification du navire et du patient, description du motif d’appel, recueil des constantes vitales, antécédents, traitements en cours, puis examen clinique guidé. Dans de nombreux cas, l’envoi d’images (photos de lésions cutanées, vidéo d’un trouble neurologique, ECG numérisé) par e-mail sécurisé ou MMS complète l’évaluation. Vous n’êtes donc plus seul face au diagnostic : le médecin à terre vous guide comme s’il était à vos côtés, en adaptant ses questions à vos moyens réels à bord.
Protocoles d’examen physique adapté aux contraintes nautiques
Examiner un patient sur un pont qui roule, dans une cabine exiguë ou de nuit en pleine tempête n’a rien à voir avec la consultation dans un cabinet médical. Les protocoles d’examen physique à bord prennent en compte ces contraintes nautiques : on privilégie les gestes simples, reproductibles et peu sensibles aux mouvements du navire. Par exemple, en cas de suspicion de traumatisme de membre, il vaut mieux rechercher des déformations, un œdème, une douleur à la palpation et tester la mobilité active plutôt que tenter des manœuvres sophistiquées.
Le médecin du CCMM ou du TMAS va ainsi vous demander des actions ciblées : prendre la température, compter la fréquence respiratoire sur une minute, vérifier la symétrie des mouvements thoraciques, palper l’abdomen en quatre quadrants, ou faire réaliser au patient des gestes simples (sourire, lever les bras, répéter une phrase) pour dépister un AVC. Comme un mécanicien en mer qui se concentre sur l’essentiel pour diagnostiquer une panne moteur, vous apprenez à aller droit au but, avec le minimum de manipulations pour ne pas aggraver l’état du blessé.
Utilisation des constantes vitales pour le triage médical embarqué
Les constantes vitales sont la « check-list de sécurité » de toute situation médicale en mer. Fréquence cardiaque, fréquence respiratoire, tension artérielle, température, saturation en oxygène et niveau de conscience (échelle AVPU ou Glasgow simplifiée) permettent de classer un patient du simple inconfort à l’urgence vitale. Cette approche de triage embarqué est essentielle, en particulier lorsque plusieurs personnes sont blessées à la suite d’un accident de manœuvre, d’une chute collective ou d’un incendie.
Sur un navire bien préparé, un tensiomètre automatique, un saturomètre et un thermomètre infrarouge devraient faire partie du matériel de base, au même titre que les gilets de sauvetage. En situation de stress, ces mesures objectives vous aident à décider s’il faut surveiller à bord, dérouter vers un port proche, ou demander sans délai une évacuation médicale (EVASAN ou EVAMED). De plus, transmettre ces constantes de manière régulière au médecin régulateur permet de suivre l’évolution du patient dans le temps, un peu comme on suit la progression d’une dépression météorologique sur la carte : aggravation rapide, stabilisation ou amélioration.
Documentation médicale réglementaire et rapport d’incident sanitaire
Sur les navires de commerce comme en plaisance hauturière, chaque acte médical consigné fait partie intégrante de la sécurité du bord. Le journal médical, le dossier patient et les rapports d’incident sanitaire ne sont pas de simples formalités administratives : ils constituent une preuve de la qualité de la prise en charge et un support indispensable pour les équipes à terre lors du débarquement. En France, les téléconsultations réalisées par le CCMM sont enregistrées et donnent systématiquement lieu à l’ouverture d’un dossier médical, clos à la fin de la prise en charge.
À bord, il est recommandé de noter pour chaque épisode : date et heure, identité du patient, symptômes, constantes vitales, traitements administrés (nom, dose, heure), avis donnés par le médecin consulté, décisions opérationnelles (poursuite de route, déroutement, demande d’évacuation). Un rapport clair et structuré facilitera la continuité des soins à l’hôpital, mais pourra aussi être déterminant en cas de litige assurantiel ou judiciaire. En d’autres termes, votre carnet médical de bord est à la médecine ce que le livre de bord est à la navigation : la mémoire officielle des événements.
Pathologies maritimes fréquentes et protocoles thérapeutiques spécialisés
Contrairement à une idée reçue, les grands traumatismes ne représentent qu’une partie des motifs de consultation en mer. Les statistiques du CCMM et des ONG comme SOS MEDITERRANEE montrent que les pathologies les plus fréquentes sont souvent moins spectaculaires : dermatoses infectieuses liées à l’humidité, troubles digestifs, douleurs musculo-squelettiques, céphalées, déshydratation, problèmes dentaires, mal de mer sévère et infections ORL. Les équipages et passagers peu préparés sur le plan de l’hygiène ou de la prévention sont particulièrement exposés à ces affections pourtant largement évitables.
À côté de ces pathologies courantes, certaines urgences sont plus spécifiques au milieu maritime : hypothermie après chute à la mer, noyade, ciguatera et autres intoxications alimentaires tropicales, accidents de plongée (barotraumatismes, ADD), brûlures chimiques aux hydrocarbures, syndromes d’écrasement liés aux manœuvres de quai ou de pêche. Pour chacune, des protocoles thérapeutiques spécialisés existent, détaillés dans les guides médicaux de bord et enseignés lors des formations STCW médicales.
Vous vous demandez comment décider, par exemple, si un mal de mer « banal » nécessite un simple traitement symptomatique ou s’il masque une pathologie plus grave comme une appendicite ou un syndrome coronarien ? C’est précisément la valeur ajoutée de la télémédecine maritime : le médecin vous aidera à distinguer les signaux d’alerte (douleur abdominale localisée, fièvre persistante, douleur thoracique irradiant, essoufflement anormal) et à adapter la conduite à tenir. Le protocole type ira de la réhydratation orale et des antiémétiques à bord jusqu’à la décision de déroutement urgent.
Coordination des secours médicaux avec les centres MRCC et CROSS
Procédures d’alerte sanitaire via système GMDSS et DSC
Lorsqu’une situation médicale dépasse les capacités de traitement à bord, l’alerte doit être déclenchée rapidement via le GMDSS. Selon le niveau d’urgence, vous pouvez émettre un message PAN PAN MEDICAL ou un MAYDAY, assorti des informations essentielles : identité du navire, position, nature du problème médical, nombre de victimes, mesures déjà prises. Sur VHF, l’appel initial sur le canal 16 permettra au CROSS (en France) ou au MRCC compétent de prendre la main et d’organiser la suite des opérations.
Le recours au DSC (Appel Sélectif Numérique) facilite cette phase critique en envoyant automatiquement l’identifiant du navire et sa position GPS aux stations côtières. Une fois le contact établi, le centre de coordination des secours maritimes active la chaîne médicale : mise en relation avec le CCMM ou un TMAS, évaluation de la nécessité d’une évacuation, mobilisation éventuelle d’un hélicoptère ou d’un navire de secours. À l’instar d’une alerte incendie bien rodée à bord, une alerte sanitaire structurée permet de gagner de précieuses minutes.
Évacuation médicale héliportée et rendez-vous avec navire-hôpital
Lorsque la vie d’un patient est en jeu ou que la poursuite de la navigation mettrait gravement en danger son pronostic, le médecin régulateur peut préconiser une évacuation médicale. Celle-ci peut prendre la forme d’un hélitreuillage par un hélicoptère de sauvetage, d’un transfert sur un patrouilleur, ou encore d’un rendez-vous en mer avec un navire-hôpital ou un bâtiment doté de capacités médicales supérieures. Le choix dépend de la distance à la côte, des conditions météo, de l’état de la mer et de la disponibilité des moyens aériens ou navals.
À bord, votre rôle est alors de préparer le patient et le navire : sécuriser la zone d’embarquement, stabiliser autant que possible l’état clinique (oxygène, immobilisation, analgésie), préparer les documents médicaux, et désigner un membre d’équipage référent pour accompagner le patient si nécessaire. Comme pour une manœuvre délicate de ravitaillement en mer, la réussite d’un MEDEVAC repose sur une coordination millimétrée entre l’équipage, le navire de sauvetage et l’équipe médicale héliportée.
Protocoles de communication avec médecin régulateur SAMU maritime
En France, la spécificité du dispositif tient au rôle central du SCMM (SAMU de coordination médicale maritime), qui assure la responsabilité médicale des opérations de secours. Le médecin régulateur travaille de concert avec le CROSS et le CCMM pour décider du type d’intervention : soins à bord avec suivi, déroutement, EVASAN ou EVAMED. À chaque étape, une communication claire et structurée est indispensable pour éviter les malentendus et adapter les moyens.
Concrètement, vous devrez être en mesure de répondre à une série de questions standardisées : description détaillée des symptômes, heure de début, évolution, traitements déjà administrés, antécédents, allergies, constantes vitales, conditions de navigation (météo, vitesse possible, distance au port le plus proche). Plus votre rapport sera précis, plus le médecin pourra affiner son diagnostic à distance et calibrer les moyens de secours. Il ne s’agit pas de « bien raconter une histoire », mais de transmettre les bonnes données, au bon moment, un peu comme lors d’un compte rendu météo au large.
Critères de déroutement vers port de refuge médical adapté
Entre la simple surveillance à bord et l’évacuation héliportée, le déroutement vers un port de refuge constitue souvent l’option la plus raisonnable. Les critères pris en compte sont multiples : gravité potentielle de la pathologie, stabilité ou non des constantes vitales, délai estimé pour atteindre le port, capacités du navire à maintenir une vitesse suffisante, et bien sûr météo et état de la mer. Une crise appendiculaire en début d’évolution, par exemple, pourra justifier un déroutement prioritaire, là où une entorse bien immobilisée pourra être gérée à bord jusqu’à la prochaine escale planifiée.
Le choix du port de refuge n’est pas seulement une question de distance : la disponibilité d’un plateau technique adapté (service d’urgences, bloc opératoire, caisson hyperbare pour les accidents de plongée) doit également être prise en compte. Le CROSS, en lien avec le médecin régulateur, vous orientera vers la destination la plus sécurisante pour le patient. Votre responsabilité de chef de bord reste toutefois engagée pour la décision finale de route, comme pour toute manœuvre de sécurité.
Formation médicale maritime : certifications STCW et compétences avancées
La meilleure trousse médicale et le meilleur système de télémédecine du monde ne remplaceront jamais une formation de base solide. La Convention STCW impose aux officiers et membres d’équipage responsables des soins à bord de suivre des modules médicaux spécifiques, allant de la formation médicale de base au soins médicaux avancés. Ces formations incluent les gestes de secourisme en milieu maritime, l’utilisation du matériel réglementaire, la réalisation d’un examen clinique simplifié et la mise en œuvre des protocoles décrits dans les guides de bord.
Pour les plaisanciers engagés dans des traversées hauturières, il existe des stages spécialisés « médecine en mer » ou « médical voile » qui complètent utilement les formations de secourisme classiques. On y apprend à constituer une pharmacie adaptée à son projet, à gérer une plaie profonde, à immobiliser un membre, à traiter une crise d’asthme sévère ou une déshydratation, mais aussi à simuler des scénarios d’urgence avec appel au CCMM. Comme pour la préparation météo ou la sécurité incendie, investir du temps dans la formation médicale renforce votre autonomie et votre sérénité à bord.
Responsabilités légales et assurance maritime en cas d’urgence médicale
En mer, le commandant du navire porte la responsabilité finale de la sécurité de l’équipage et des passagers, y compris sur le plan médical. Cette responsabilité ne signifie pas qu’il doive poser des diagnostics complexes, mais qu’il doit tout mettre en œuvre pour assurer une prise en charge conforme aux règles de l’art : dotation médicale réglementaire, formation adéquate, recours à la télémédecine, documentation des soins prodigués. En cas d’incident grave, ces éléments seront examinés par les autorités maritimes, les assurances et, le cas échéant, les tribunaux.
Du point de vue assurantiel, une urgence médicale peut générer des coûts très élevés : consultation à bord, hospitalisation à l’étranger, évacuation héliportée, rapatriement sanitaire. Souscrire une assurance maritime incluant une couverture médicale en navigation hauturière et une prise en charge des évacuations sanitaires n’est donc pas un luxe, mais une mesure de prudence élémentaire. De nombreuses polices exigent par ailleurs que le navire respecte les réglementations en vigueur (Division 240, SOLAS, STCW) et que les actes médicaux soient tracés pour accepter la prise en charge.
Enfin, se pose la question du « droit de soigner » : pouvez-vous administrer un médicament injectable, réaliser une suture, utiliser un défibrillateur sur un passager ou un membre d’équipage ? La règle, en droit maritime comme à terre, est celle de la nécessité et de la proportionnalité : en l’absence de médecin, toute personne formée peut accomplir les gestes indispensables pour sauvegarder une vie ou éviter une aggravation, sous le contrôle à distance d’un médecin lorsque c’est possible. Se former, s’équiper et connaître les procédures médicales maritimes, c’est donc aussi se protéger juridiquement, tout en offrant à votre équipage les meilleures chances de traverser la mer en toute sécurité.